La ville de Lyon

L’histoire de Lyon, alors appelée Lugdunum, (nom qui signifierait Colline des Corbeaux ou Colline de la Lumière) commence au 1er siècle avant. JC. Il est courant de fixer la naissance de Lyon à la fondation de la cité par un légat romain le 9 octobre 43 avant J.C. sur l’actuelle colline de Fourvière.  Pourtant, les premières traces d'occupation humaine remontent au premier âge du fer. Des découvertes récentes ont montré que des tribus locales organisées occupaient les bords de Saône avant l’arrivée des Romains. A la croisée du Rhône et de la Saône, Lugdunum se développe en érigeant forum, théâtre, temple de Cybèle, Odéon et thermes et devient rapidement, selon la volonté impériale, la capitale politique, économique, militaire et religieuse des Trois Gaules. Son territoire s'étend sur la Croix-Rousse et sur la Presqu'île actuelle où se côtoient demeures, boutiques et ateliers. La cité se positionne au carrefour des grandes voies romaines de l'Occident. Elle est approvisionnée en eau par 4 aqueducs dont on trouve encore des vestiges dans la région. La Capitale des Gaules est également une ville d’art. Céramistes, bronziers, verriers lyonnais sont réputés dans tout l’Empire. Lugdunum devient le berceau du christianisme en Gaule. Le supplice de Sainte-Blandine en 177 annonce de nombreux martyrs de chrétiens. Cette prééminence religieuse et politique de la ville dure trois siècles. Toutefois, elle ne survit pas à la décadence romaine. La cité traverse alors une longue période de bouleversements. A la fin du IIIe siècle, le déclin de la puissance romaine expose Lugdunum aux violences des invasions Barbares qui chassent les habitants de la ville haute.

 

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Il faut attendre le IXe siècle et l'émergence de l'Eglise pour que la ville s'épanouisse à nouveau. Suite à des déformations successives du langage Lugdunum devient Lyon. En 1079, un nouveau statut, celui de siège du Primat des Gaules, insuffle puissance et autorité à la ville. Elle s'enrichit de ponts et d'édifices religieux dont la très gothique cathédrale Saint-Jean et la carolingienne abbaye Saint-Martin d’Ainay.  La prospérité va grandissante pour la ville ecclésiastique. Le commerce reprend et conduit à l’essor de l’artisanat et à la diversification des activités professionnelles, notamment dans le secteur de l’alimentation et du textile. Un soulèvement des "Bourgeois" leur permet d'obtenir le droit de s'administrer eux-mêmes mais surtout confère à la ville sa devise officielle : "Avant, avant, Lion le Melhor ». La prospérité de Lyon ne cesse alors de croître pour atteindre son apogée à la Renaissance. Aux XVème  et XVIème siècles, l'essor et le prestige de la ville sont incomparables.

Dès la fin du XVème siècle, la création de grandes foires et le développement de la banque attirent à Lyon les commerçants de l'Europe entière. Lyon devient l’un des principaux centres européens du grand commerce et de la banque. Les traits essentiels du commerce lyonnais se dégagent. Prédominance de l’ensemble du secteur textile, mais plus particulièrement des soies et soieries. La banque naît du grand commerce.  L'expansion se prolonge au cours des XVIIème et XVIIIème siècles. La soierie lyonnaise habille les belles et décore les riches intérieurs du monde entier. Puis l'élite mondaine, intellectuelle et artistique s'y installe.  La ville se développe géographiquement et s'équipe d'hôpitaux, de places et d'édifices de qualité. Le négoce connaît de riches heures grâce au privilège de deux puis quatre foires franches annuelles.
A l’essor du textile, s’ajoute le développement de la métallurgie. Les activités d’édition occupent une place de premier plan en Europe. Pour le pouvoir royal,
Lyon joue le rôle de ville-relais au plan politique, financier mais aussi militaire, notamment pendant les guerres d'Italie. Son faste rayonne au-delà des frontières. L'Europe des arts et des idées s'y presse. Le siècle de la Renaissance est ainsi celui de l’accomplissement de sa vocation européenne. L'imprimerie lyonnaise est la première de France. Rabelais, médecin de l’Hôtel-Dieu, écrit Gargantua puis Pantagruel et la poétesse Louise Labé dite "la belle Cordière" tient salon et incarne l'esprit de l'époque. Cette époque laisse à la ville le plus bel ensemble Renaissance de France. Le Vieux-Lyon et ses joyaux architecturaux et d'insolites traboules
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Au XVIème siècle, François Ier encourage l'activité du tissage de la soie pour mettre un coup d'arrêt aux importations intempestives.  Et Lyon devient la première place de la production du tissu précieux. A partir du XVIIème siècle, Lyon n’offre plus le même visage qu’au temps de la Renaissance. Les fondements de sa fortune et l’équilibre de ses activités ont évolué. L’héritage du passé n’est pas perdu pour autant, mais la capitale du grand commerce et de la banque est devenu ville manufacturière, ville des soieries, des marchands-fabricants et du petit peuple des tisseurs. L'Empire se montre très favorable à la ville. La prospérité industrielle, et d'abord celle des soyeux, ne cesse de croître. Toutefois, le progrès technique, symbolisé par l'invention du métier à tisser mécanique Jacquard, qui permet à un homme de faire le travail de six, aura de fortes répercussions sociales.

Se crée alors une véritable région économique lyonnaise, née de la soie : plantations de mûrier et élevage du ver à soie dans la vallée du Rhône, moulinages. La soierie lyonnaise devient un élément essentiel de l’économie française. Lyon doit son caractère de ville ouvrière à tous les travailleurs de la soie, ouvriers, apprentis, tisseurs, teinturiers. En 1831 et 1834, les canuts se révoltent, contre le refus des fabricants d’appliquer le tarif minimum des prix de façon. Cet épisode révélateur d'une condition ouvrière très rude ne doit pas faire oublier que les lyonnais gardent humour et gaieté, comme en témoigne la marionnette de Guignol.

Le décret du 24 mars 1852, pour des raisons politiques de maintien de l’ordre, rattache à Lyon les trois faubourgs, La Guillotière, Vaise et la Croix-Rousse. Lyon, dans les années 1870 n’est plus la ville de l’activité unique. L’absorption des faubourgs a permis l’intégration de leurs industries, constructions mécaniques, industries chimiques. Des travaux d'envergure modifient la physionomie de la ville, l'Opéra, le Palais de Justice, le Palais de la Bourse. Le Préfet Vaïsse décide le percement de grandes artères bordées d'élégantes façades et l'aménagement du parc de la Tête d’Or. La Troisième République perpétue cette urbanisation, les universités, la Préfecture, la Basilique de Fourvière sont construits à cette époque, ainsi que la demeure des Frères Lumière, devenue Institut Lumière, qui en 1895 offrent au monde l'un de ses plus importants divertissements avec l'invention du cinéma. Ancrée dans une prospérité discrète organisée par des entreprises familiales, Lyon aborde sereinement le XXe siècle.

Avec le XXème siècle,  l'urbanisme ne cesse d'évoluer modifiant le visage de la ville. Puis débute le véritable enjeu de la modernité avec un nouveau défi, celui de l'Europe. Les années suivant l'après-guerre permettent à la ville d'atteindre les horizons européens. Grâce au développement des transports, aéroport de Satolas, autoroute, métro, d'infrastructures et d'équipements culturels, Palais des Congrès, hôpitaux, théâtre du 8e, et la création en 1960 du quartier d'affaires de la Part-Dieu. Lyon acquiert sa dimension européenne.  En 1968, les 54 communes limitrophes de Lyon se regroupent dans une communauté urbaine qui fait de l'agglomération lyonnaise la seconde de France. Le développement urbain va tout au long du siècle être influencé par la personnalité des hommes politiques qui vont gérer la ville. Pendant près d’un demi-siècle, les destinées de la ville sont confiées à Edouard Herriot. L’intervention de la municipalité est particulièrement notable en matière d’enseignement primaire ou professionnel et d’équipement hospitalier.

Le foisonnement architectural juxtapose, dès le début du siècle, aux témoignages souvent splendides de l'histoire, des quartiers neufs et projette Lyon dans la modernité. L'architecte Tony Garnier équipe la ville de logements, d'un stade, d'un hôpital et d'abattoirs. L'industrie poursuit son ascension, malgré un coup d'arrêt au moment de la seconde guerre mondiale. La chimie se développe au sud de la ville. L’industrie pharmaceutique connaît un essor très important. Restée en zone libre jusqu'en 1942, Lyon devient la capitale de la Résistance Française et s'illustre au travers d'hommes tel que Jean Moulin. La reconstruction voit l'avènement des quartiers de grands ensembles périphériques à Lyon. Un nouvel élan est donné dans les années 1980 visant à développer les équipements structurants de la métropole. De grands travaux d'aménagement urbain sont menés sur des sites stratégiques, parallèlement à une politique de valorisation du patrimoine.
La première gare TGV française est construite ainsi qu'un centre d'exposition, Eurexpo. La gare multimodale de Lyon-Satolas
renforce encore l'ouverture sur l'extérieur, de grands travaux d'aménagement urbain sont menés sur des sites stratégiques pour la ville. Des monuments de la culture lyonnaise, et par exemple le Musée des Beaux-Arts, sont entièrement rénovés. Le Musée d’Art Contemporain, conçu par l’architecte Renzo Piano, trouve une nouvelle dimension à la Cité internationale. Le cadre de vie lyonnais évolue également avec la mise en lumière des principaux sites et monuments et le réaménagement des espaces publics. Ces atouts essentiels font de Lyon le lieu d'accueil de nombreux sommets internationaux. En quelques dizaines d'années Lyon est devenue une métropole où se côtoient harmonieusement les réussites du passé et la définition de l'avenir. Ces différentes phases de l'histoire de Lyon sont "gravées" dans le patrimoine et l'urbanisme de la ville.

Source : Mairie de Lyon / wwww.mairie-lyon.fr

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