Le plateau de la Croix-Rousse


S'y rendre :

 

 

Située entre Saône et Rhône dans le prolongement nord de la Presqu'île, la Croix-Rousse est l'une des 2 collines dominant Lyon.

 

Elle culmine à 250 m contre 300 m pour Fourvière,  soit une petite centaine de mètres au-dessus du reste de la ville.

 

Certains versants, appelés "Balmes" et abimés par l'érosion fluviatile, sont de véritables falaises de 20 à 40 m de hauteur.

 

Des éboulements spectaculaires ont d'ailleurs eu lieu en 1932 et 1977.

La colline de la Croix-Rousse est en fait la partie sud d'un plateau qui se poursuit au nord. 

 

Le plateau est traversé par deux artères commerçantes majeures, du nord au sud, la Grande rue de la Croix-Rousse  à travers le 4e arrondissement.

De l'est à l'ouest, le boulevard de la Croix-Rousse qui marque la frontière entre le 1er et le 4e arrondissement.

 

La partie Est du plateau est principalement composé d'immeubles canuts. On y trouve également des traboules, mais elles sont moins nombreuses que sur les pentes.

À l’époque romaine, le bas de la colline est occupé par le bourg celtique de Condate.

Elle est voisine de Lugdunum, prospère ville romaine établie sur la colline de Fourvière, de l’autre côté de la Saône.

Mais, le long de la voie du Rhin, elles vont être utilisées pour la construction du sanctuaire fédéral des trois Gaules, composé de l'autel des Gaules 12 avant J.C. dédié à Rome et Auguste, l'amphithéâtre des Trois Gaules 19 avant J.C. qui recevra les délégués des 60 nations gauloises, chaque année à partir du mois d'août.

 

Après la destruction de Lugdunum  et les invasions des Alamans, les édifices gallo-romains sont abandonnés.

 

Au Moyen Âge, la ville de Lyon s’arrête vers les Terreaux.

 

La montagne Saint-Sébastien fait partie du Franc-Lyonnais, province indépendante placée sous la protection des rois de France.

 

Les pentes et le plateau sont consacrés aux cultures en particulier de la vigne.

 

En 1512, Louis XII décide la construction de fortifications au sommet de la colline pour défendre la ville de Lyon.

 

Ce rempart, nommé Saint-Sébastien, intègre alors les pentes de Lyon, mais isole le plateau, créant ainsi un nouveau faubourg.

 

Sensiblement au même moment, une croix est érigée sur le plateau  et réalisée en pierre de Couzon, de teinte ocre rance.

 


   

 

Elle donnera son nom au bourg nouvellement créé. On suppose que cette croix était située au carrefour de 2 voies, l’une vers la Dombes direction Bourg, l’autre vers Neuville.

 

Elle sera détruite et reconstruite à plusieurs reprises, abattue par les protestants en 1562, détruite à la Révolution, supprimée en 1881 par décision du Conseil Municipal de Lyon.

 

Finalement, en 1994, une réplique a été érigée Place Joannès Ambre. Après la construction de fortifications, les pentes, jusque là terrains à vocation agricole, s'urbanisent du fait de leur intégration à Lyon.

 

Au XVIe et XVIIe siècles, de nombreuses congrégations religieuses s'y installent.

 

Ce seront d'abord les Chartreux, en 1580, puis les Carmélites, les Sœurs de l'Annonciade.

Contrairement aux pentes, le plateau fait toujours partie de Cuire et reste donc intégré au Franc-Lyonnais.

 

Mais à la fin du XVIIIe siècle, le plateau de la Croix-Rousse, qui n'a été pendant longtemps qu'un hameau, a pris de l'importance.

Comme sur les pentes, des religieux s'y sont installés, mais également de nombreux commerçants.

À la Révolution, les biens appartenant aux communautés religieuses sont vendus, libérant ainsi un grand nombre de terrains.

L'opposition entre les ruraux de Cuire et les citadins de la Croix-Rousse agite alors la commune de Cuire, la Croix-Rousse.

Finalement, en 1797, le Conseil des Cinq-Cents décrète le rattachement de Cuire à Caluire, entérinant ainsi la scission.

Mais étrangement, il faudra attendre un arrêté du gouvernement consulaire en date du 22 octobre 1802 pour que, de son côté, la commune de la Croix-Rousse soit créée.

 

  

 

 

Au début du XIXe siècle, Lyon est la première ville ouvrière de France.

L'arrivée massive d'ouvriers de la soie (les Canuts) va alors profondément transformer la Croix-Rousse, marquant son histoire et son urbanisme.  

 

La Croix-Rousse devient un haut lieu du tissage industriel de la soie.

Pour accueillir les ouvriers ainsi que leurs familles et leurs métiers à tisser, la construction de lotissements s'accélère.

 

Il s'agit d'immeubles de 5 ou 6 étages, abritant des appartements et des ateliers construits très hauts sous plafond, en fonction de la taille des imposants métiers à tisser Jacquard en moyenne 4 mètres de hauteur.

Ils sont dotés de hautes fenêtres, la lumière facilite le travail de la soie et d'une soupente, mezzanine utilisée pour la vie de la famille.  

 

Les plafonds sont renforcés par des poutres en chêne, dont l'écartement permet de fixer le métier.

Sous la pression des lotisseurs qui morcèlent des anciens terrains religieux, l'est de la colline change radicalement de physionomie.

Le nombre d'habitant explose et de nouvelles rues apparaissent, parfois de manière anarchique sans que la municipalité ait son mot à dire.

 

Jules Michelet écrit alors sur l'opposition de la montagne du travaille et de la montagne mystique la colline de Fourvière, qui rassemble un grand nombre de couvents et d'églises.

 

Transformée par les années, l'expression de Michelet deviendra la colline qui travaille face à la colline qui prie.

 

Les Canuts, soumis à de rudes conditions de travail, se révoltent à de nombreuses reprises.

 

Leur première révolte d'octobre 1831 est considérée comme l'une des premières révoltes ouvrières.

 

Ils occupent Lyon au cri de « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ! ».

 

Le roi Louis-Philippe Ier envoya 20 000 hommes de troupe et 150 canons pour réprimer « l'émeute ».

Le 14 février 1834, les Canuts se révoltent de nouveau en occupant les forts de la Croix-Rousse.

Pendant 6 jours, ils font face à 12 000 soldats.

 

Une troisième insurrection a lieu en 1848, au moment de la proclamation de la Seconde République, menée par les Voraces.

 

Les mêmes Voraces mèneront une quatrième insurrection en 1849, en écho au soulèvement des républicains parisiens.

 

Circonscrite sur le faubourg Croix-Rousse, elle sera violemment réprimée.

 



En 1818, la Croix-Rousse est élevée au rang de ville.

 

Mais elle est morcelée lorsque le 26 octobre 1832, une ordonnance royale érige les quartiers de Serin et Saint-Clair en communes indépendantes.

 

Ce sera de courte durée puisqu'en 1834, Serin et Saint-Clair sont de nouveau réunis à la commune de la Croix-Rousse.

 

En 1852, la Croix-Rousse, qui compte désormais 30 000 habitants, est rattachée à Lyon.

 

Le préfet Vaïsse va alors entreprendre une série de grands travaux : création du réseau d'eau potable, construction de l'Hôpital de la Croix-Rousse.

 

En 1862, la Croix-Rousse est reliée au centre de Lyon par le premier funiculaire du monde.

Il sera rapidement surnommé la "ficelle" par les lyonnais.

 

En 1865, pour faciliter l'intégration de la Croix-Rousse à la ville, les remparts sont détruits, permettant la réalisation du boulevard de l'Empereur.

 

La mairie y est construite, et des arbres sont plantés.

 

Depuis 1952, la colline est traversée par le tunnel routier de la Croix-Rousse, qui relie les quais des bords du Rhône à ceux des bords de la Saône.

 

L'activité du textile a été très fortement marquée par une crise dans les années 1980.

 

Les rares survivants ont réussi en se reconvertissant dans des textiles « techniques » ou très haut de gamme.

 

Aujourd'hui encore, la Croix-Rousse est un quartier à l'urbanisme singulier, marqué à la fois par sa géographie, par son histoire, par la permanence du mouvement social et par sa très forte densité d'habitation l'une des plus élevées d'Europe.

 

La Croix-Rousse jouit d'une réputation particulière.

Quartier ouvrier au XIXe siècle, c'est ici qu'a pris forme la première insurrection sociale caractérisée de l'ère industrielle.

 

C'est également ici qu'essaimeront de nombreuses innovations sociales.

 

Le premier conseil des prud'hommes, les premières expériences mutualistes, les premières boutiques "coopérative" française.

 

Au XXe siècle, le quartier en particulier les pentes reste un véritable «laboratoire social»  squats, restaurants autogérés, crèches parentales, imprimeries parallèles, collectifs militants, associations en tous genres.

 

Au début du XXIe siècle, même si la population change sous l'effet de la hausse des loyers, le quartier reste un lieu particulièrement vivant, donnant encore naissance à des initiatives innovantes.

   

   

 

 

 

     

 

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