L’Ile Barbe

Saint-Rambert l'Île Barbe 69009 Lyon

Départ
Arrivée
Départ immediat
partir à un autre moment: le // vers h



 


Elle se situe sur la Saône, à environ 6 km au nord de Lyon.

 

L'ile Barbe est une ancienne commune annexée au 5e arrondissement de  Lyon par le Décret du 1er août 1963.

 

Ce quartier fait partie du 9e arrondissement depuis la création de ce dernier par le Décret du 12 août 1964.

 

C'est un des derniers quartiers-village de Lyon, qui abrite encore des agriculteurs, artisans.

 

On trouve également plusieurs lieux de détente aménagés sur les bords de la Saône. De nos jours, seule l'église romane Notre-Dame subsiste.  

 

La partie de l'île pouvant être visitée est un charmant îlot de verdure avec des maisons anciennes et quelques vestiges des bâtiments religieux.

 

Pendant plus d’un millénaire, l’île Barbe abrita un des plus vieux exemples de patrimoine paléochrétien, une abbaye dont la tradition fait remonter l’origine aux premiers martyrs lyonnais. Cette ancienneté constitua tout au long de son histoire un motif de fierté pour les moines de l’île Barbe.

 

La seigneurie du monastère se constitua au fil des siècles, traversant les époques, carolingiennes puis romanes, pour enfin atteindre son apogée au XIIIe siècle, avant d’endurer une lente décadence, qui se clôturera par la vente du domaine après la Révolution.

Le voyageur qui descendait la Saône au Moyen Âge découvrait au nord de l’île, dressée sur un promontoire rocheux, une puissante tour carrée surmontée de mâchicoulis, connue sous le nom de tour du prieur.

Le donjon jouxtait les vestiges d’une chapelle dédiée à Sainte-Anne.

La légende voulait que le corps de la mère de la Vierge fût enterré sur l’île.

Toujours d’après Le Laboureur, il semble que vers 240, un nombre conséquent d’ermites s’étaient retirés sur l’île, assez en tout cas pour qu’un seigneur, nommé Longimus, décide de les regrouper dans un monastère.

Mais à ce Longinus, l’île ne doit pas que la seule existence de ce monastère. Longinus fut également à l’origine d’une curieuse légende.

Parce qu’il portait le nom du soldat qui, au pied de la croix, perça de sa lance le flanc du christ, on voulu croire que le fondateur de l’abbaye et le soldat romain ne faisaient qu’un.



 

La légende racontait que le soldat, rongé de remords, s’était retiré à l’Ile Barbe pour y faire pénitence.

Il apporta dans son exil la coupe sacrée, qui avait recueilli le sang du Christ, et le corps de Sainte-Anne.

 

Cette légende fut tenace puisque le Graal constitua un des joyaux du trésor de l’abbaye jusqu’à son pillage par les protestants en 1562.

L’existence du monastère est attestée par Grégoire de Tours, important historien de l’Église vivant au VIe siècle, qui mentionne le séjour de Maxime, disciple de Saint-Martin de Tours, sur l’île.

 

Saint-Martin est le fondateur, en 360, du monastère de Ligugé, considéré comme le tout premier monastère français.  

Au cours de son histoire, l’île constitua une destination privilégiée pour les exilés.

On venait probablement chercher en ce lieu isolé un refuge contre la corruption des temps.

 

L’évêque de Vienne et futur Saint-Didier, s’y exila lorsqu’il fut persécuté pour avoir dénoncé les moeurs dissolues de la reine Brunehilde.

Malgré les outrages qu’elle va subir au VIe et VIIe siècle, l’abbaye prospère.

 

 

Il est difficile cependant d’établir l’étendue de ses possessions à cette époque.

Ce n’est qu’avec le diplôme de confirmation des biens et privilèges accordé en 971 par le roi de Bourgogne de l’époque, Conrad, et dans une moindre mesure le rapport de Leidrade vers 810, qu’on peut estimer l’importance et la localisation du patrimoine de l’abbaye.

Leidrade, Evêque de Lyon, procède, sans doute à partir de 807, à un ambitieux programme de restauration des divers établissements religieux de Lyon.

Il adresse à Charlemagne une lettre qui restera célèbre, par laquelle il témoigne de son activité à Lyon.

Le sort de l’abbaye y est abordé. L’évêque précise qu’il en fait refaire les toits et redresser certains murs.

On y apprend que l’abbaye peut désormais accueillir 90 moines.

Leidrade engage également une restauration spirituelle des lieux.

Au cours des siècles qui suivent, l’étendu du patrimoine de l’abbaye ne va cesser de s’étendre, en même temps que son rayonnement intellectuel.

Au XIIe siècle, l’abbaye possède 113 églises et 48 prieurés.

En 1362, lorsqu’on fera transcrire l’ensemble des titres de l’abbaye concernant ses terres, le tout formera un rouleau de 43 peaux de vélins et 33 m de long.

Le fameux rouleau de l’île Barbe, conservé de nos jours aux Archives Départementales du Rhône.


 

 





Cliquez sur le logo



 

 

En 1562, l'Ile Barbe est ravagée par les troupes protestantes du Baron des Adrets.

S'il fallut plusieurs dizaines d'années pour effacer les outrages matériels de ce pillage.

 

L'abbaye ne s'en relèvera jamais totalement, malgré les efforts conduits par le prévôt Claude Le Laboureur pour essayer de rétablir une vie spirituelle à la hauteur de celle qui faisait la réputation de l’abbaye les siècles précédents.

 

Au XVIIIe la chute des revenus de l'abbaye et le nombre peu élevé de chanoines qui y demeurent encore poussent l'archevêché lyonnais à la décision d'unir l'Ile Barbe au chapître de la Cathédrale de Lyon.

 

Les archives et le trésor de l'abbaye, du moins ce qu’il en reste, sont transférés dans le trésor de la Cathédrale.

 

L'Ile Barbe accueille à partir de 1741 le séminaire Saint-Pothin pour prêtres âgés.

 

En 1783, le séminaire est à son tour supprimé, et, dix ans plus tard, les vestiges de l’abbaye vendus aux enchères comme bien national à un avoué lyonnais pour la somme de 166 000 livres. A la mort de l'avoué, le terrain est morcelé pour être vendu à nouveau.

 

Le village de l'île se constitue peu à peu à partir de cette époque sur les vestiges de l’abbaye.





Jusqu'au XVIIIe siècle l’accès à l'île s’est toujours fait par le fleuve, ce qui, d’une certaine manière, garantissait à l’abbaye un certain isolement qui contribua certainement à son prestige.

Ce n'est qu’en 1734 qu’on envisage de la relier à la terre ferme en bâtissant un pont de bois, du côté Saint-Rambert.

Ce pont ne survivra pas aux crues de la Saône, et il faudra en envisager un nouveau, achevé en 1829.

Celui que nous connaissons aujourd’hui, aux câbles près, puisqu’à l’origine le pont était porté par des chaînes.

Ce rattachement de l’île à la terre mit un terme symbolique à l'histoire religieuse de l'île.

A l’heure actuelle, il ne reste plus grand chose pour témoigner de la présence en ces lieux d’une des plus importantes abbayes de la région.

Au moins, le symbole de l’île, le clocher de la Chapelle Notre-Dame de Grâce est-il bien celui auquel les pèlerins se guidaient lorsqu’ils venaient faire leurs dévotions à l’abbaye au temps de sa grandeur.

Cette chapelle fut longtemps l’objet de la dévotion des Lyonnais, avant de s’effacer progressivement aux XVIIe et XVIIIe siècles face à la concurrence grandissante de Notre-Dame de Fourvière.

Les bateliers qui longeaient l’île se découvraient, dit-on, à la vue de la Chapelle Notre-Dame de Grâces.

Au XVIe siècle, les paroissiens de Lyon s’y rendaient en pèlerinage.

Jusqu’en 1562, chaque année, le jour de l’Ascension, les seigneurs du Mont-d’Or exposaient, parmi les reliques de, le cor de Roland, le fameux paladin de la chanson dont ils prétendaient être les descendants.

Les Lyonnais se pressaient alors pour apercevoir la soi-disant relique.

Lyon, au mois de mai, une des fêtes les plus curieuses voulait qu’on élise, parmi les clercs du palais, le roi de la basoche, en référence à un ancien usage autorisé par les concessions des Rois de France.




 

 


C’était l’occasion d’un défilé à travers les rues de la ville, qui parodiait le faste de la cour. Son passage à l’église de l’île donnait lieu à des manifestations encore plus pompeuses.

Il embarquait dans une petite flotte garnie pour l’occasion de canons, au son de l’artillerie remontait la Saône jusqu’à l’île Barbe, où il était cérémonieusement conduit jusqu’à l’église pour y faire de riches présents.

L’île Barbe, au terme d’une histoire mouvementée, semble à présent se prélasser au gré des flots de la Saône. De la seigneurie qui rayonna pendant plus de trois siècles, il ne reste que quelques malheureux vestiges qui fournirent les fondations d’un village somnolant.

 

Photos de Lyon, textes photos et vidéo du site sont la propriété de Myriam De Santis -  Copyright Lelyondesgones  2008-2013 MDS inc...
Photos : Myriam De Santis    /    Mentions Légales

HAUT DE PAGE