L'Eglise Collegiale St-Nizier

Place Saint-Nizier, 69002 Lyon

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L'église est située dans la Presqu'Ïle, rue de Brest, entre la place des terreaux et celle des Jacobins.

Le site est chargé d'histoire religieuse et se rattache à la mémoire des 48 premiers martyrs de Lyon et des Gaules, suppliciés en 177, parmi lesquels se trouvaient Saint Pothin et Sainte Blandine.

 

D'après des témoins contemporains, leurs corps furent brûlés et jetés dans le Rhône.

Saint Grégoire de Tours 538-594 rapporte que, plus tard, probablement au début du Vème siècle où commence le culte des martyrs, comme des chrétiens se désolaient de ne pas avoir leurs reliques, ceux-ci leur apparurent et leurs cadavres avaient été brûlés.

 

Ayant prélevé ces restes en guise de reliques, on édifia une basilique d'une taille admirable et on les plaça sous l'autel.

L'édification de cette basilique est attribuée par la tradition ecclésiastique lyonnaise à saint Eucher qui devint évêque au milieu du Vème siècle.

 

Le nouveau sanctuaire a été construit sur l'emplacement d'un monument romain, dont on aperçoit encore les colonnes devant la façade sur le plan du XVIeme siècle, peut-être un temple d'Atis lié au culte Cybèle dont les fidèles auraient joué un rôle dans la persécution antichrétienne de 177.

La basilique a été d'abord consacrée aux Saints-Apôtres, Pierre et Paul.

Au IXème siècle, chaque 2 juin pour la solennité de saint Pothin et de ses compagnons martyrs, appelée fête des merveilles.

Une procession en barques sur la Saône, commencée à l'Ile Barbe, s'achevait par une messe dans la basilique des Saints-Apôtres, ou étaient vénérées les reliques des martyrs.

Dans cette basilique, entourée dès le Veme siècle par un habitat urbain, les évêques de Lyon, se sont fait enterrer au long du VIeme siècle, un inventaire du XIIIeme siècle a conservé le texte de leurs épitaphes.

Le corps de saint Nizier, enterré en 573, a donné lieu tout de suite à de nombreux miracles et très vite un culte de ce saint évêque de Lyon c'est développé au point que l'église finit par prendre son nom.

Touchés pas ses grâces, certains chrétiens se consacrent à cette époque dans le célibat et la pauvreté volontaire, à la prière de l'office divin jour et nuit.

Cette sorte de confrérie basilicale, qui a pu comporter un monastère, comme à saint-Just de Lyon, est placée sous l'autorité de l'abbé de Saint Nizier dont le plus connu est saint Outrille qui, après une vingtaine d'année, devint évêque de Bourges.

Dans la première moitié de VIIIeme siècle saint Nizier, comme les autres églises lyonnaises est ravagée par des incursions de Sarassins remontant la vallée du Rhône puis par les brutales reconquêtes de Charles Martel.

 

 

 

 

 

Au début du IXeme siècle elle est reconstruite par l'évêque carolingien, Leidrade qui installe un chapître de chanoine.

Il semble qu'au XIIeme siècle elle était devenue une paroisse urbaine à laquelle appartenait le marchand Pierre Valdo qui se convertit à une vie de pauvreté évangélique radicale.

L'archevêque Louis de Villars entreprend la construction de l'église actuelle, avec l'aide des bourgeois.

Il fonde en 1306 un chapître collégial, c'est à dire un collège de chanoines destiné à tenir l'église et à y assurer l'office divin.

Ce monument de style gothique flamboyant annonce déjà par endroit la Renaissance.

La construction s'est opérée par étapes, du choeur à la façade, à partir du XIVeme siècle et jusqu'au XVIeme siècle pour l'ensemble de la nef centrale, des nefs latérales et de leurs voûtements, ainsi que des chapelles latérales.

Le clocher Nord avec sa flèche de briques roses est élevé au milieu du XVeme siècle.

Ce n'est qu'à la fin du XVIeme siècle que l'architecte Benoit achève la façade par la construction du pignon gothique au-dessus du portail central et du clocher Sud en 1856.

Malgré les sérieuses déprédations causées par les bandes huguenots du Baron des Adrets en 1562 et par la Révolution à la fin du XVIIIeme siècle, l'église Saint Nizier possède encore quelques éléments de mobilier intéressant.

Il faut d'abord signaler, sur un mur de la crypte, un fragment de l'épitaphe de saint Sacerdos, évêque de Lyon 549-552, enterré dans cette église comme Saint Nizier.

Les tombes furent pillée, toujours dans la crypte on peut admirer une première statue de Notre-Dame de Grâce du XVIeme siècle.

 


La crypte a été restaurée et agrandie en 1883.

Des mosaïques, dessinées par Gaspard Poncet et exécutées par le mosaïste Mora, représentent dans l'abside la Mère de Dieu entourée de saint Jean l'Evangéliste et de saint Pothin, sur les murs de la nef les quarante huit martyrs de Lyon.

 

Dans le transept sud de l'église, la Confrérie de Notre-Dame de Grâce, qui existait depuis 1562, a fait placer en 1771 dans le cadre d'un rétable du XVIIIeme une très belle statue de la Vierge sculptée par Antoine de Coysevox 1640-1720.

Dans le transept nord, un rétable du XIXeme contient une statue de saint Pothin, premier évêque de Lyon, présentant à la vénération des fidèles une image de la Vierge Marie, cette statue a été sculptée par Chinard 1756-1813.

Collégiale et paroisse du XIVeme siècle à la Révolution, Saint Nizier fut ensuite, pendant quelques années, la cathédrale du clergé assermenté; elle fut rendue au culte catholique en 1802.

Au cours du XIXeme siècle, tout le mobilier intérieur a été refait, l'autel, les stalles, la chaire, des vitraux, les orgues, le mobilier des chapelles latérales.

 

 

 

La paroisse a témoigné de la vitalité du catholicisme lyonnais en accueillant de grandes figures spirituelles de l'époque.

 

La bienheureuse Claudine Thévenet, fondatrice de la Congrégation de Jésus et de Marie.

La vénérable Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de la Propagation de la Foi enterrée à côté de l'autel de Notre-Dame de Grâce devant lequel elle s'est vouée à Dieu.

 

Frédéric Ozanam, fondateur de la Conférence Saint-Vincent de Paul, le Père Querbes, fondateur des Clercs de Saint Viateur.

Le Père Coindre, fondateur des Frères du Sacré Coeur. Depuis 1973 ont commencé d'importants travaux de restauration.

 

La totalité de l'édifice doit être restaurée sous la direction des Monuments Historiques avec un financement partagé à parts égales entre la ville de Lyon, propriétaire de l'édifice et l'Etat.

 

Progressivement l'éclairage et la remise en état du mobilier s'effectue de manière à créer une harmonie entre l'architecture et les éléments de mobiliers nécessaires au culte liturgique.

En 1996, l'Archevêque de Lyon confie l'animation de la paroisse Saint Nizier à la communauté de l'Emmanuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

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